dimanche 3 avril 2011
Tous optimistes
Que répondre, en ces temps de catastrophes, de guerres et de morosité, à la question du site Tousoptimistes.com : "Quels évènements de la proche actualité peuvent vous inciter à l’optimisme ?"
Certes, l’admirable dignité des japonais fait exemple.
Certes, la pandémie de révoltes laisse espérer un progrès pour les populations du Maghreb et du Moyen Orient, et au-delà peut-être, même si la « transition démocratique » annoncée par d’aucuns sera longue, très longue … Ella a pris près d’un siècle chez nous !
Certes, les efforts de régulation des activités financières par les héros des G20 trahissent la conscience des dirigeants du monde. On en parle !
Mais les turbulences du monde et les symptômes de l’injustice ne laissent d’inquiéter.
Et d’inviter à la dérision face aux chinoiseries picrocholines de nos éminences domestiques en ces périodes d’urticantes consultations.
On trouvera néanmoins autant de raisons d’optimisme que de petits cailloux sur nos chemins, si on sait les saisir.
Lundi, rencontre avec Marguerite Abouet, auteure de la formidable BD « Aya de Youpogon », saga d’une adolescente ivoirienne dans les faubourgs d’Abidjan qui raconte mieux le pays et les concitoyens de Marguerite que les commentaires de n’importe lequel de nos sérieux quotidiens.
600 000 exemplaires ! Presqu’autant que « Indignez-vous » !
Et Marguerite d’user avec humilité de sa nouvelle popularité pour installer des bibliothèques destinées aux écoliers et collégiens d’Abidjan et de Dakar.
No comment !
Jeudi, « Psychologie Magazine » promeut son titre dans Libération avec force annonces. En quatrième, pleine page, commentant un sourire bananesque, un géant « Et si on osait l’optimisme » répond fortuitement sans doute, mais utilement, à la une du Nouvel économiste : « La grande déprime ». Ainsi l’on pourrait donc contrecarrer la tentation du désespoir, la résignation au déclin accepté et les Cassandre de tout poil. Mieux encore, si les sciences de l’homme pèsent sur les paramètres des équations et si le recours aux valeurs l’emporte sur la dictature des business-plans.
En voilà des raisons d’optimisme, glanées aux détours de la vraie vie !
D’autant que le printemps pointe son nez. Les camélias des jardins éclatent. Primevères et pâquerettes le disputent aux crocus. La lumière douce perce le vert tendre des nuages d’arbres où s’éclatent les mésanges. Les fruitiers fleurissent doucement. On attend les lilas et les pivoines. Exceptionnellement, ne rêvons pas trop tôt d’un automne qui reviendra sans doute.
La Corrèze retrouvera peut-être un Président.
Brive a battu La Rochelle et voit s’éloigner le spectre de la relégation.
Tous sur Tousoptimistes.com
jeudi 3 décembre 2009
De Dubaï à Copenhague !

Dubaï a donc failli faillir.
Lehmann Brother banqueroute mortelle.
General Motors a coulé une bielle.
La faillite, nous voilà !
Où sont les experts, les savants, les oracles ?
A quoi servent les économistes qui ne nous auront pas alertés ?
Tels ma sœur Anne, n’ont-ils rien vu venir, n’ont-ils rien voulu ou pu dire dans une complicité assassine et incestueuse avec les politiques, complicité largement attisée au nom de l’éthique professionnelle par des media au dessus de tout soupçon ?
Quelles nouvelles nouvelles capables d’ébranler nos certitudes rassurantes avons-nous à attendre, espérer ou craindre ?
La faillite de l’Espagne ?
Le rachat des Etats-Unis par Goldmann Sachs mandatée par la Chine ?
La disparition de l’Afrique ?
Les français existeraient et peuvent attraper la grippe ?
Que croire ?
Le ciel va-t-il, de failles en faillites, nous tomber sur la tête ?
Qui croire ?
Nous le saurons bientôt, en écoutant le prochain épisode de « On n’y comprend rien », à Copenhague, ou d’autres experts – parés de leurs compétences scientifiques – vont s’étriper chaudement avec d’autres politiques – ou les mêmes ! – pour entretenir les peuples dans l’illusion que tout ça est maîtrisé, avec l’alibi de leur extême responsabilité.
Gardarem lou Dubaî !
mardi 11 novembre 2008
Brive, des livres et délivre

Brive, Novembre. Foire du livre …
Rendez vous immanquable.
La première de la saison, celle où l’on fait le point sur les succès de la rentrée littéraire, à la veille des Goncourt et Renaudot.
400 auteurs s’engouffrent à la gare d’Austerlitz dans le « le train du cholestérol », qui les pose après un voyage des plus gastronomiques sous la halle Georges Brassens de la cité gaillarde, où pendant trois jours, entre le marché du samedi sur la place de la Guierle, les escapades gourmandes obligatoires et les folles soirées du Cardinal – cette année le président Beigbeder lui-même était aux platines – ils dédicacent les nouveautés de l’année.
Des écrivains, des vrais, au renom international, les grands régionaux de l’étape, les auteurs du terroir, quelques vedettes de la télé – regarde, il est là ! Où est PPDA ? … -, des journalistes et des politiques se disputent les faveurs d’un public fervent venu de Clermont, d’Albi, de Toulouse, Uzerche ou Treignac à la rencontre de ceux qui leur racontent leurs histoires préférées, leurs rêves et leurs passions. Amélie Nothomb, Michel Peyramaure, Brutus ( !), Tillinac et Borzeix, Jean François Kahn et Jean Louis Debré.
Les jeunes parcourent un monde de BD, les plus petits s’amusent entre les grands livres d’images et diverses activités.
Entre les ateliers, les lectures et les conférences, on harangue dans les allées bondées un cousin, un fidèle, un lecteur inconnu, un acheteur improbable.
Tulle gagne le derby contre Malemort.
Ambiance d’un marché de pays, besoin de contact, espoir de littérature « Bio ».
Ici les lettres sont vivantes, les enfants ouvrent des livres, les auteurs sont accessibles.
On achète.
Qu’importe le chiffre de la participation, les ventes ont progressé de plus de 5%. Un carton quand les libraires souffrent depuis la rentrée, quand les éditeurs voient des retours inhabituels. Un pied de nez à la promesse de récession. Une forme de distribution directe qui correspond aux attentes d’un public lassé de la normalité et de l’anonymat marchands …
Les écrivains sont repartis vers Paris par le train du dimanche, les visiteurs ont retrouvé leurs maisons, les enfants leurs écoles, après trois journées de vie.
Les jurés des grands prix succombent au politiquement correct en saluant la diversité. Carla Bruni s’engage. La finance américaine continue de plonger malgré l’intervention de l’Etat, General Motors tousse.
La presse recherche avidement l’Obama français, anglais, moldave ou tchécoslovaque. Ségolène tracte.
Les ministres des finances du « G20 » ont préparé à Sao Paulo la conférence de Washington sur la refondation du capitalisme.
Ils auraient mieux fait de venir à Brive !
lundi 6 octobre 2008
Dans le brouillard
Pendant ce temps – crise oblige - quelques présidents européens disponibles (4 !) réunis à l’Elysée par Nicolas Sarkozy s’engagent à soutenir, indépendamment, les banques en difficulté. Aussitôt les mesures envisagées pour la banque Hypo, en Allemagne, capotent !
Une solution interviendra heureusement lundi, en même temps que l’Italie veille sur UniCredit. BNP-Paribas aboutit dans son projet de reprise de Fortis.
Tous les intervenants seront contrôlés, et les coupables sanctionnés ! « Plus de parachutes dorés » : Laurence Parisot reprend la contine sans en révéler ses moyens. Les dirigeants de Sanofi et Dexia semblent néanmoins avoir succombé à la pression ambiante.
L’Europe se montrera tolérante dans l’application de la règle des 3%. La France « rattrapée » à l’oral de contrôle !
Communication, moindres mesures ou pragmatisme sage et solidaire ? L’Europe invente un comportement conforme à sa morphologie. Tiendra-t-il et que feront les autres pays ? On n’a guère plus de certitudes sur ce plan « libéral raisonné » que sur l’efficacité des mille milliards publics américains, qu’on aurait volontiers imaginé, aux montants près, adopté par le vieux continent.
Le CAC40 perd 6% - maintenant 9, ça va trop vite ! -. La bourse indique-t-elle là son scepticisme ou sonne-t-elle le glas d’une spéculation devenue enfin malcommode ? Ou bien, comme les institutions et les ministres des finances qui se réuniront ce soir, est-elle simplement dans le brouillard ?
vendredi 26 septembre 2008
Presse : Ca urge !

23 novembre. Nouveau débat de « Générations d’Idées » sur la mutation des media abordée dans le rapport remis par Danièle Giazzi au Président de la République en prologue aux Etats généraux de la presse… à venir !
Marianne, Rue89, le SPQR (la presse quotidienne régionale), Métro, Café Babel.
Maurice Szafran observe que Marianne est le seul magazine dont la diffusion croit, rappelle que la France est le seul pays où un des quotidiens sociaux-démocrates européens créés dans les années 1970 a disparu, et suggère que plus qu’une crise de la demande, l’offre est en cause : il faut oser faire le journal que le public attend. Au secours, du marketing ! C’est pourtant peut être pour ça que la PQR tient le choc et que contre toute idée reçue, les plus jeunes, même s’ils ont biberonné devant un écran, lisent Metro.
Les « journaux » sur internet connaissent une belle envolée de la consultation de leurs pages - qui ressemblent, plus qu’à un article d’information, à une offre de service soutenue par le dialogue engagé avec l’internaute - sans pour autant trouver d’équilibre financier stable et pérenne. « On fait un site parce que c’est dans l’air du temps, la pub ne vient pas, on perd de l’argent, beaucoup, sans bien savoir pourquoi ni comment, mais on continue … »
Le net serait-il, selon l’expression d’une participante, l'OGM de la presse ?
Comme si les réponses étaient sous-entendues, et la cause entendue, on évoque peu le modèle économique de notre bon vieux journal ou de notre hebdo, du rôle, du poids et de l’évolution de l’investissement publicitaire ; On ne parle pas du métier et du statut du journaliste.Diantre, un peu de pudeur !
Ce sont pourtant eux qui financent et fabriquent le « produit ».
Enfin, tout va bien !
Tant qu’il y aura des lecteurs...
PS : assurément John McCain a lu notre billet du 23 septembre, pour avoir ainsi décidé de « suspendre » sa campagne électorale ; mais un tel manquement aux pratiques para constitutionnelles ne tient-il pas, pour ce grand pays attaché à ses rites, d’une pratique d’apprenti-sorcier ?
mardi 16 septembre 2008
Crise et principe de réalité
Nous voilà certes rassurés, mais qu’en sait-elle ?
Il y a peu, elle promettait une croissance de près ou plus de 2%, qu’importe ; on nous avait garanti que la crise des subprimes – selon le fameux modèle "Tchernobyl" - aurait des effets limités sur la finance hexagonale, et qu’en tout cas, tout serait nettoyé début 2008 ! Ce qui ne saute pas aux yeux dans les résultats semestriels des établissements financiers.
La faillite de Lehman Brothers annule forcément le lundi les déclarations d’intention et la "réponse de l’Union européenne à la crise financière" du conseil Ecofin tenu à Nice le week-end dernier !
Madame Lagarde est sans doute compétente, consciencieuse, travailleuse et responsable.
Comment peut-elle, comme d’ailleurs ses collègues , faire de telles déclarations ? Y croit-elle ? Certes, tout le monde tient tout le monde par la barbichette : à force de faire semblant on en arriverait même à croire ce qu’on nous dit, et laisser croire à ceux qui le disent … Bonheur éphémère d’une illusion consciente …
Sommes-nous incurables à ce point que nous ne supporterions pas un peu de vérité, de modestie et d’aveu d’impuissance ?
Les bulles confrontées au principe de réalité se fracassent toujours.
vendredi 12 septembre 2008
Soigner le foie plutôt que les boutons !

« L’Europe admet donc être au bord de la récession. » (Le Figaro, 11 septembre)
On connaît les chiffres – imprécis – de la croissance, on apprend que la France a perdu 19000 emplois au 2è trimestre, on constate une baisse de 25% des ventes de logements, le ministre du budget racle les fonds de tiroir, les établissements financiers n’en peuvent plus de croire, ou faire croire, qu’ils sont encore des victimes collatérales de la «crise des subprime » aux USA … où l’on nationalise deux banques !
Le cac40 est attiré, par rebonds successifs (voir le billet du 8 août.) vers les 4200 points.
Les commerçants n’ont pas l’air de trouver cette rentrée enthousiasmante.
Monsieur Trichet, qui n’a jamais dirigé d’entreprise, ni connu de soucis de fin de mois, s’entête dans son combat contre l’inflation qui avait pourtant accompagné le développement des années 70.
Les experts, et les conseillers financiers, expliquent que nous avons connu de telles périodes, dans les années 80 et 90… Ils montrent des courbes historiques d’évolution depuis 40 ans ; ils ont du mal à produire celles des vingt prochaines années. Ils se rassurent en imaginant que la bourse a anticipé sur l’économie – qui, au contraire, en a peut être souffert – et donc, que le modèle opère toujours.
Mais les entreprises qui produisent de vrais biens, ou de vrais services, ne fonctionnent pas si mal que ça, malgré les embuches et le climat ambiant ; il se trouve « simplement ! » qu’à force de créativité dans les instruments, de « dérivées de dérivées », de « fonds de futures », de « produits structurés » inventés par des mathématiciens sorciers qui auraient pu, sinon, concevoir ailleurs des jeux vidéo, le monde financier s’est déconnecté de la réalité économique.
Une triple veuve californienne investira dans la start-up installée par son petit fils dans un garage les revenus qu’elle retire des fonds de pension abondés pour elle par ses défunts époux et dont elle exige des résultats surs. Et vite !
La bourse était un lieu de mutualisation de l’épargne destiné à financer le développement d’aventures industrielles ; elle est aujourd’hui investie par des fonds qui lui demandent des comptes tous les trois mois ; il en faut beaucoup plus pour concevoir un avion ou une paire de chaussures, et ouvrir un magasin ! Le monde contemporain, fou, a perdu la notion du temps, du temps de l’homme, qu’il faudra bien réhabiliter pour retrouver, si c’est possible, le calme indispensable à l’exercice d’une vie. En cas d’éruption chronique de boutons sur le visage, on peut essayer une pommade, mais il vaut mieux soigner le foie !
Et pour ça, il faut du temps, plus de temps, beaucoup de temps …
mardi 8 juillet 2008
Wanted a new Schumpeter
Superbe temps pendant ce weekend à Aix-en-Provence.
Magnifique Siegfried, Cosi cosi, grand Turangalila de Maessiaen, chevauchée contemporaine sur fond d’images d’aventures animées.
Ca tombe bien : cent personnalités, la moitié du CAC40, quelques politiques triés, des profs de Harvard, invités par le « Cercle des économistes », ce qui se fait de mieux en France, et de très très bien dans le reste du Monde se penchent, dans un amphi peuplé d’invités choisis, sur les plans de l’ « entreprise du XXIè siècle », face aux innovations financières, aux dimensions sociales, aux impératifs de la globalisation ; conquête, gouvernance et régulation …
Entre la fac de droit, sa roseraie, et Sciences Po devant la jolie cathédrale où se succèdent les mariages, entre les terrasses du cours Mirabeau et la place de l’archevêché.
8 minutes par intervention, c’est déjà trop pour finir à l’heure. Madame Lagarde les emploie aux progrès de
Un intervenant rappelle l’importance du capital chromosomique de l’entreprise.
Carlos Goshn confirme que c’est dur, et qu’il s’en sort chez Renault parce qu’il est japonais.
Erik Orsenna s’interroge : les nouvelles frontières de l’entreprise ne sont elles pas aux rives de l’imbécillité ?
Les conclusions tombent : « Un cycle de croissance s’achève ; les entreprises, dans de nouveaux espaces de liberté, doivent assumer leurs responsabilités sociétale et environnementale ».
Dommage, peut être, que hors Goshn et Michael Van Swaaij, le fondateur de Skype, il n’y ait pas eu plus d’entrepreneurs ! Plus de patrons de PME !
Dommage qu’on n’ait pas mieux inventé l’entreprise du XXiè siècle, plutôt que d’adapter celle que nous connaissons.
Schumpeter is back, good news ! Noboby new appears, bad news !
