samedi 19 septembre 2009

Princeton Parade : How much Sarko ?



Princeton, 19 septembre : l'automne semble encore bien loin.
Etudiants en jean/tongs et professeurs en noeud-pap/nikes, tous lourds des appendices de la rentrée universitaire, se croisent avec des groupes de touristes japonais dans l'immense parc de la Fac, autour des lacs et du jardin botanique, qui perdus avec delectation dans d'apparentes speculations sur l'avenir du monde, qui plus impatients au fond de la "party" de ce samedi soir, les uns savourant la douceur d'une après midi estivale, les autres déjà soucieux de leurs tests, du Gmat et des programmes du semestre.
Un campus, quoi !
Beaucoup rejoignent le concert offert par une clique locale en frac orange et noir, les couleurs de la ville, pour le "Gran opening" d'une "eating house" qui les accueillera toute l'année, avec leurs joies, leurs chagrins, leurs succès, leurs angoisses, leurs diplômes et leurs amours qu'ils noieront ici dans la bière tous les samedi soirs.
D'autres s'attardent au bord des bassins.
Des voitures de pompiers, surement soutenues par le syndicat d'initiative local, hurlent au loin. Les entrelacs de fils électriques hérités du progrès industriel quadrillent l'horizon.
Bienvenue en Amérique !
Les enfants, comme partout dans le monde, jouent sur la place pendant que les mamans font les courses. Vélos, skate. Les bandes d'ados se forment. Des jeunes filles traversent jambes nues le bassin de l'esplanade.
La vie coule, comme la "Bud", les sodas et et les cocktails fluo a la terrasse no-smoking du Whitterfall grill.

On se bouscule aux rayons du "Whole foods markets" . Ça ne va pas si mal !

Le New York Times ouvre sur un crime aux motifs inconnus - lie sans doute au stress - dans un des grands "labos" de Yale, "résultat d'un climat de violence au travail" … La SEC propose d'interdire aux traders les "flash orders", certaines catégories de transactions automatiques. Limitation des bonus, indiscrétions sur You-tube et pic du chômage. Ça rappelle quelque chose.
On commente le nouveau plan de déploiement des missiles anti-Iran de Barack Obama. Bushiste ou reaganien ?

Pas un mot sur l'affaire Clearstream, sur la taxe carbone, les déboires du PS et les débordements hortefesques ! Rien sur la préparation du G20 ! Mais qu'est ce qui les intéresse donc ?
Quand même ! Page A21, Le "political mémo" titre "Obama Omnipresident" - copieurs ! -, parle de son don d'ubiquité et s'interroge : "How much Obama is too much Obama ?" , quelle dose d'Obama fait trop d'Obama ? Sous le simple prétexte d'un plan assez soutenu d'apparitions dans les média ! Supplanterait-il enfin ici Paris Hilton ?
Heureusement que notre président a nous lui prodigue ses meilleurs conseils ...


PS (hi, hi ...) : How much Sarkozy is too much Sarkozy?

mardi 15 septembre 2009

On rentre !


Allez ! Du courage …
On rentre!
Le 15 septembre, comme quand on était petits.

Ca y est, il fait carrément frais, malgré les promesses d’automne exceptionnel des météorologues de tout poil. Quelques feuilles dorées parsèment trottoirs ou pelouses. La campagne garde belle allure, rengorgée des feux d’un été d’anthologie ; mais la sève jaunit depuis quelques jours hêtres et peupliers, les cimes des tilleuls et des marronniers. Les terrasses encore bronzées font illusion l’après midi, quand un soleil palot étire les ombres au ras de carrefours embouteillés. Les pulls et la lumière s’imposent dès vingt heures.
On attendait une première poussée de cèpes : elle est enfin arrivée, malgré la mauvaise lune d’une année où l’on en comptera treize !

Le bar de la plage et les volets des maisons ont fermé … Les beaux jours ont failli balayer le souvenir d’une crise lointaine que tous les commentateurs étaient prêts à oublier entre deux alertes aux bonus et un débat sur la fiscalité écologique. Les politiques, les syndicats, les organisations patronales et consulaires et les clubs de boule ont rendu les universités aux étudiants finalement mieux adaptés aux lieux, et au genre.
Ted Kennedy et Mickael Jackson ne sont plus … Non plus que quelques grandes vieilles dames parties quelque soir calme d’aout avec leurs valises pleines de mémoire.
Sans le triomphe d’Ali Bongo, on aurait oublié les élections iraniennes, et sans la rentrée littéraire celles du premier secrétaire du parti socialiste.

Brive est resté trois jours leader du Top14 avant de retrouver son rang. Tulle fait un carton, en amical. L’équipe de France de foot continue sur sa lancée. Tout est normal !
Sauvés par le judo.

Ca y est, ils sont tous en place ! Obama, Begbeder, Drucker, Le nouveau Libé, Domenech, Amélie Nothomb, le bistro du coin, Canteloup, ma gardienne, Ruquier, Duhamel et le marchand de journaux …
On reprend la réunion du mardi.
Et le président qui depuis quinze jours, entre le Brésil et Les Etats-Unis aura réglé le scandale des bonus et promulgué la « taxe carbone », promis des états généraux de l’entreprise, menacé le G20 de claquer la porte, grondé deux ou trois ministres, et vraisemblablement, entre autres, assisté à quelques obsèques et distribué quelques médailles … Avant sans doute de prendre enfin en mains le méchant virus.
Il travaille, lui !

Tout en place donc !
Le décor est planté.
Vivement l’été prochain.

mercredi 6 mai 2009

Le meilleur job du monde !




Le meilleur Job du monde !
Le scoop du jour, l’information-titre de toutes les radios …
Devant l’anniversaire de l’élection de Nicolas Sarkozy et le cinquième cas de grippe mexico-porcio-aviaire !
Diantre !

Gardien intérimaire d’une île des mers chaudes, très bien payé, dit-on.
Un britannique, Ben, l’aurait soufflé en finale à Ben, le candidat français que le pays tout entier soutenait depuis plusieurs semaines.

Quelques observations :

Le meilleur job du monde, par nature délocalisé, était ouvert sur internet à tous les chercheurs d’emploi du monde, qui ainsi, tels de nouveaux héros contemporains, accèdent à une notoriété que leur envient tous les pipoles du monde. La globalisation et les promesses de protections nationales en question !

Le meilleur Job du monde est un emploi à temps partiel. Six mois. Un emploi précaire, et c’est nouveau. Avis à tous ceux qui attendent, parce qu’on leur en a vendu l’idée, un CDI !
Il est vrai que le job de Président de la République n’est lui-même qu’un contrat de cinq ans, et c’est peut-être le meilleur job de France.

Le meilleur job du monde a des parfums de villégiature sous les palmiers, sur des plages que lèchent des mers calmes d’un bleu-profond intense. Tant pis pour tous ceux qui cherchent à produire ou servir leurs contemporains, même dans des cadres moins ensoleillés.

Le meilleur job du monde est manifestement un job solitaire. Signe d’une société qui s’individualise à mesure qu’on la soumet à des appels pressants à la solidarité.

Le meilleur job du monde est vachement bien payé, presque le taux horaire d’un Président de la République. "Travailler plus pour gagner plus ?"
Un pactole en pleine crise financière ! Un rêve pour Daniel Bouton. Quand pour répondre aux soubresauts d’une économie chahutée, on promeut par ailleurs la tempérance salariale.

Messieurs les chroniqueurs, seriez vous d’abord gouvernés par le goût du sensationnel et des impératifs d’audience ? Un peu de recul siérait à vos auditeurs.

samedi 25 avril 2009

Le monde est stone



« Dans les villes de l’an 2000 …
« Tout est partout pareil …
« On prend tous le même chemin pour aller où le ciel est bleu …
« On est toujours tout seul au monde …
« J’ai pas choisi d’être un zonard …
« Pas de passé, pas d’avenir …J’ai tout cassé avant de partir
« Y a plus d’amour sur la terre
« On est tous des morts en vacances …
« Quand on n’a plus rien à perdre …
« J’ai pas demandé à venir au monde …
« Dans les banlieues dortoir …
« Un garçon pas comme les autres …
« Travesti de vos vies …
« L’univers est un star system …
« Vous ne voyez que la surface de ce monde en technicolor …
« J’aurais voulu être un artiste …
« J’ai la tête qui éclate, j’aimerais tellement dormir …
« Y a-t-il quelqu’un dans l’univers qui puisse répondre à nos questions …
« Qu’est ce que je vais faire de ma vie …
« Qu’est ce que je vais faire de ma vie …
« J’ai juste envie d’être bien …
« J’ai besoin d’amour …


Le monde est stone, et les enfants de Starmania ont les trente ans avant lesquels ils voulaient être heureux ; Ils se ressemblent : les banlieues dortoir, les étoiles noires, les maîtres de l’univers, la Starac, les stars, le show-biz et la politique, la colère.
La musique et l’amour.
Merci, France.

La musique universelle de Michel Berger et les mots de Luc Plamondon racontent un monde qui ne veut, ne peut, ne sait pas changer. Ils l’avaient vu. Alors, pourquoi rien ne bouge ?

Après tout, Mozart n’a pas éradiqué les commandeurs et leurs statues !

mercredi 22 avril 2009

Reprise en WWW.qquechose


Depuis quelques jours, nos journaux, pris sans doute dans l’euphorie d’un printemps tardif et troublés par la réapparition des jupes à fleur aux terrasses ensoleillées des places de village, soupçonnent une « sortie de crise » ! Certes, le CAC40 atteint de la même affection s’est légèrement réveillé. On relève des indices positifs – flous, lesquels ? – en Chine et BO invite à la prudence.

Certes, la société a besoin d’un peu d’optimisme au sortir de la grisaille économico-hivernale. On attend la reprise comme le premier bouquet de jonquilles. Un peu d’insouciance et de légèreté pour profiter du premier soleil. La rumeur circule chez les intéressés. Votre conseiller bancaire a bien sur aussi besoin d’y croire. Les économistes retentent sans vergogne une résurrection de leur capacité à raconter le monde. Les politiques, toujours perdus, n’ont aucune raison de ne pas faire à leurs électeurs un petit plaisir conjoncturel à l’approche d’une élection – européenne - même si elle n’intéresse personne !
Et puis la presse elle-même ne peut continuer à commenter « la crise » sans risquer de voir s’effondrer ses ventes. La reprise ferait-elle vendre ?

Mais les annonces de cessations d’activités et de suppressions d'emplois se succèdent, la désespérante courbe du chômage continue sa route et les séquestrations quotidiennes de dirigeants et cadres d’entreprise se banalisent. Ceux là ont substitué aux séminaires de développement commercial des formations accélérées à la résistance en cas de « bossnapping ». Les grèves et les manifestations se multiplient. Un facteur meurt à Brive au cœur d’un rassemblement.
Autant de freins au retour de la confiance que les « sachants » évoquent et qu’on ne restaurera pas sans un consensus, fut-il approximatif, sur un nouvel équilibre du partage de la valeur.

On ne saurait que trop recommander aux observateurs officiels et patentés de se précipiter sur la formidable exposition du Grand Palais "Une image peut en cacher une autre" où, de Coleman à Dürer, entre Arcimboldo et Dali, on apprend avec joie qu'une image peut en cacher une autre, que tout dépend d'où et comment on regarde. Attention aux illusions d'optiques !
La reprise sera-t-elle en L ou en V. Les graphes sont en M - ou W inversé ! - et ressemblent au Grand 8 de la Foire du Trône. Le monde à l’heure d’internet irait-il en WWW.qquechose ? L'incertitude est XXXXL.

Pendant ce temps, le débat tourne autour de la pipe de Jacques Tati qu’on a – politiquement correct oblige – remplacée par un tourniquet d’enfant des années 50 sur les affiches annonçant une exposition. Affaire d'image ! Le facteur de « Jour de fête » loin de celui de Brive … Chacun y aura été de son commentaire. C’est vrai qu’on aurait pu lui mettre un casque sur son Solex et qu’on doit aujourd'hui se demander s’il n’enlève pas le petit garçon sur le porte bagage …
Le coup est réussi ! On n’en aurait jamais autant parlé sans cette incongruité dont l’auteur mérite donc un joli bonus !

lundi 13 avril 2009

Meilleurs Z'oeufs


Et joyeuses Pâques,

Après une semaine de presque calme, sans doute pour se remettre des émotions de Londres, Strasbourg et Prague. Les commentaires vont bon train sur les conditions réunies de l’émergence d’un monde nouveau dont tout le monde convient qu’il n’est pas pour demain.

En France, le train train. Ségolène persiste, des grèves dans les universités et le frisson d’un remaniement annoncé. Le parlement joue un tour au Président. Un moment d’inattention à préparer le week-end de Pâques, et la loi « Hadopi » passe à la trappe ! Plus – pour l’instant – de grosses punitions pour les méchants qui téléchargent. Au-delà du fond du projet et de l’exégèse de la manœuvre parlementaire – les insurgés du PS auraient été cachés derrière des rideaux – cette fronde témoigne de la maladresse et de l’inconfort de nos politiques, de tout bord, face à la chose technologique. Ca ne va pas être facile de le faire avec eux le monde nouveau. Les virtuoses de la toile, télé chargeurs et autres pirates, alters et résistants du net de toute la planète, pour qui ce petit incident est une grande victoire symbolique ont encore de beaux jours pour faire valoir leurs convictions dans la « refondation » de l’économie et de la société.

En attentant, meilleurs Z’œufs, Z’oeufs de rôles et Z’œufs drôles, Z’œufs de main et Z’œufs de vilains aux quatre coins du globe, Z’œufs interdits et Z’œufs de société, Z’œufs politiques et financiers, Z’œufs d’influence et Z’œufs de hasard …
La chasse aux Z’œufs est ouverte.

Z’œufs vous embrousse très fort

lundi 6 avril 2009

Images de Londres et de Srasbourg


Ca n’était finalement pas un poisson d’avril … Il s’est vraiment passé quelque chose la semaine dernière à Londres, à Strasbourg et à Prague.

On le pressentait quand les télés du monde en alerte dès mardi nous tenaient en haleine en attendant "en direct" l’atterrissage d’Air Force One sur le Tarmac de Heathrow. Un suspens à la Glenn ou Betancourt. On a marché sur la lune ! De l’Histoire en direct !

Ils se sont rencontrés. Et finalement ils se sont parlé.
On les a beaucoup photographiés, avec ou sans la reine ; et notre Nicolas, le promoteur de cette réunion s’impatiente entre deux inconnus aux grands bords du cliché – il avait menacé de claquer la porte pour moins que ça -, tandis que « The » Obama éclate modestement installé au deuxième rang des Tréteaux. Syndrome bien connu de la photo de classe, de promo ou d'entreprise. Ce sera sans doute lui, BO, la révélation, mais c’était sa première sortie en habit neuf de Président vers chez nous. Et l’on notera la victoire française, celle d’un socialiste français, DSK que le rôle du FMI met en première ligne. Suivi de près par un autre, Pascal Lamy.
Ils se sont rencontrés, ils ont travaillé ensemble et auront décidé. Les sceptiques et les facheux auront beau jeu de chipoter, peu importe. Certes, les 1000 milliards additionnent des chous et des carottes. Mais conscience et volonté auront opéré, même si l’on sait bien que tout ne sera certainement pas réglé en cinq minutes, et pas tant que la tuyauterie financière n'aura pas été totalement récurée, malgré les rebonds immédiats de toutes les bourses qui voudraient bien retrouver l’adrénaline de l’anticipation. Peut-être est-il trop tard ?
Il aura fallu plus de dix huit mois depuis la révélation du crash des subprimes et plus de six mois depuis la faillite de Lehmann Brothers pour en arriver là. Combien de temps maintenant pour que s’instaure un monde durablement changé par les accords de Londres ?

Londres, où Carla n’était pas! Jalousie compréhensible de son époux ? Peur qu’elle ne le voit que dans un second rôle ? Qu’elle croise BO ? Michelle ?
Envie d’être un peu seule ou lassitude prématurée – déjà – envers les multiples Gxxx et leurs protocoles.
Angine blanche ?
Petite fatigue ? Certains suggèrent … Qui sait ?
On comprendrait alors le petit saut à Strasbourg … Le pays des cigognes ...

Strasbourg enflammée. De nouveaux groupes substitués aux manifestants placides de Londres, leurs collègues pacifiques et de gentils clowns … Autant de signaux d’une vague de résistance contemporaine sourde ou ouverte, calme ou violente, mondiale, organisée et tenace grâce aux milliards de messages qui virevoltent sur la toile.
Le monde inspiré par Londres devra tenir compte des aspirations de ces citoyens là.